Entraînement : le traitement de l'information Dec. 04
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La boxe française est un sport de combat de percussion qui utilise les pieds et les poings. Dans cette activité, où le nombre des informations est très riche, le pratiquant doit, tout en assimilant les techniques et les tactiques, tenir compte des distances, trajectoires, puissance, du lieu, du temps, et surtout de l'adversaire qui reste le plus souvent imprévisible. Le boxeur doit en permanence prendre des décisions par rapport à des informations, qu'il devra décoder (feinte ou frappe) et faire le meilleur choix pour la meilleure réponse.
Pour augmenter la performance sportive plusieurs facteurs seront
à considérer (physique, technique, tactique, psychologique etc.) et à travailler.
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On peut cependant dire que le champion n'est pas forcément celui qui a les qualités les plus développées, mais plutôt celui qui a le plus fort mental et qui gère au mieux ses ressources. Un des facteurs de réussite réside chez le boxeur français dans sa capacité à traiter l'information ; c'est-à-dire à élaborer des stratégies qui lui permettent en fonction des informations, de s'organiser défensivement ou offensivement pour toucher plus et mieux que l'autre, tout en évaluant la prise de risque.
Communication en Savate Boxe Française
En boxe française, le principe de communication utilisé en assaut ou en combat est la contre-communication.
En effet il faut donner à son adversaire des informations ayant pour objet de lui faire croire à l'utilisation d'une certaine technique ou tactique, déclenchant chez lui une réaction (mise en mouvement ou attente) qui vous permet de le toucher (frapper) par un ou plusieurs coups sur des ouvertures préparées (attaque, riposte, contre-attaque etc.). Les intérêts de l'adversaire étant les mêmes que les vôtres (ce que l'un perd l'autre le gagne), et en considérant également que son jeu est en principe semblable au vôtre, ceci nous amène vers une boxe française aux multiples combinaisons très riche très éducatives et surtout très variée.
Situation du problème
En boxe française comme dans la plupart des activités sportives, pour être performant le pratiquant devra connaître les facteurs qui influencent le résultat : connaissance du sport (vécu) pour être efficace dans la prise d'information, sélection de la stratégie motrice la mieux adaptée, gestion du temps en fonction de la condition et des qualités physiques du moment, etc. Parmi ses facteurs la lecture de l'événement revêt une importance déterminante pour l'amélioration de la performance. Celle-ci ne s'effectue pas au hasard, elle est le fruit du travail à l'entraînement par des mises en situations qui va du stéréotypé au complexe, et par l'analyse et la parfaite compréhension des objectifs par le boxeur.
Dans les pratiques d'opposition, chacun a le projet de dominer l'autre. Chacun des protagonistes doit produire de l'incertitude tout en déjouant les ruses de l'autre. En boxe française, l'athlète doit donc fonctionner par des ajustements constants.
Dans la pratique de la boxe française les indices et les signaux n'existent pas en temps que tels, (s'il y a une ouverture, c'est qu'elle a été préparée ou provoquée, ou encore, on sait que l'adversaire fait souvent les mêmes attaques ou se déplace d'une certaine façon etc.) ils prennent leur signification par rapport aux situations dans lesquelles ils s'inscrivent. Ces caractéristiques concernent une quantité d'incertitude et une pression temporelle élevées.
Si le décodage des événements permet au boxeur de répondre de façon appropriée, il lui permettra aussi d'anticiper. Anticiper, c'est donner tout ou partie de la réponse à un signal avant l'apparition du signal.
L'anticipation implique une prédiction, le tireur fonctionne là en termes de probabilité (pari).
La probabilité de survenue d'un événement constitue pour l'entraîneur et le boxeur une source d'information.
Des stratégies se fondant sur des probabilités (anticipations) à coût différent ont pu mettre en évidence plusieurs types de préparation :
- Préparation neutre : le boxeur n'a pas déterminé une réponse particulière (risque d'erreur réduit, le temps de réponse augmente) ;
- Préparation partielle : le boxeur prend une option en faveur d'une réponse (le joueur tente un pari) ;
- Préparation totale : le boxeur détermine totalement sa réponse et tente de déclencher celle-ci en même temps que l'adversaire amorce son attaque (risque de réponse erronée important).
En boxe française on ne peut postuler avec certitude la survenue de tel ou tel coup, il faut s'organiser de façon à, d'une certaine manière, créer l'événement. En connaissant son adversaire (ses techniques préférentielles etc.) les probabilités sur les bonnes réponses augmentent.
Un coup ou une technique est efficace à partir du moment où son exécution oblige l'adversaire à modifier son comportement (Alain DRUART 1986).
Les approches du traitement de l'information
La boxe française est une activité très informationnelle. Ces dernières possèdent parfois un statut ambigü, le boxeur doit déterminer parmi les informations proposées celles qui possèdent valeur de signaux et sont à même de lever un certain types d'incertitudes (événementielle, spatiale, temporelle...) et quelles sont celles qui peuvent être identifiées comme du bruit.
Qu'est-ce que l'information ? Celle-ci permet notamment de mettre en évidence le stimulus, c'est-à-dire le signal déclenchant une réponse. Parvenir à identifier ce signal, c'est pouvoir l'isoler du bruit qui l'environne. Le boxeur doit extraire le plus rapidement possible les éléments pertinents (l'attitude, la distance, l'opportunité, les placements, et déplacements) et à les classer, les hiérarchiser par rapport à la logique de l'action.
Est donc appelé bruit tout ce qui peut gêner ou fausser la perception du boxeur engagé dans l'action. Tout ce qui peut élever le degré d'incertitude d'une situation peut être qualifié de bruit.
Dans les informations à considérer :
- L'information spatiale : cela se produira-t-il ?
- L'information temporelle : quand cela se produira-t-il ?
- L'information événementiel : laquelle des possibilités va apparaître ?
Plus l'athlète pourra masquer son jeu, plus de chance il aura de toucher.
Dire qu'il existe un traitement de l'information invite à penser qu'il se déroule un certain nombre d'opérations, différentes et en relation avec des stades ou des étapes du traitement. Le passage par ces étapes requiert du temps.
Le sujet est assimilé à un système de traitement de l'information à capacité limitée.
Si un athlète de niveau traite mieux l'information qu'un débutant, il est légitime de penser que sa réponse sera plus rapide ou plus juste ou les deux à la fois.
Les situations expérimentales de temps de réaction consistent à demander au sujet d'exécuter le plus rapidement possible une action motrice dès l'apparition d'un signal. Ce signal peut être précédé d'un autre signal, le but étant de prévenir le sujet que le stimulus à prendre en compte de façon impérative va survenir.
L'émission du signal doit être irrégulière, pour qu'il ne puisse y avoir ni habitude ni apprentissage ; le temps de réaction reste ainsi réellement un temps de réaction.
L'utilisation de la méthode des temps de réaction (chronométrie mentale) exige un minimum de précaution méthodologique. Outre certains facteurs qui pourraient modifier les temps de réaction (fatigue, etc.) une attention particulière doit être apportée à la comptabilité entre le signal proposé et la réponse donnée (ex on demande au sujet de toucher main droite à stimulus visuel qui lui est présenté à gauche ; problème de recherche en mémoire). Par ailleurs, un certain nombre d'erreurs peut être attribué au conflit vitesse-exactitude.
Ce concept de traitement de l'information a été formalisé par différents modèles, rendant compte des différentes étapes de transformation de cette information, depuis l'entrée sensorielle jusqu'à la production de la réponse :
- Le modèle sériel (ou séquentiel) : il propose plusieurs stades se déroulant de façon successive (cf. schéma). Chaque étape a une fonction particulière et prend un certain temps pour traiter l'information qui lui parvient, le temps de réaction est alors la somme des durées des opérations successives. Les opérations effectuées à l'intérieur de chaque stade ne commencent que lorsque celles qui précédent sont terminées.
Il a été envisagé par un certain Theios (1975) l'existence de cinq stades successifs :
- Stade de codage sensoriel : les récepteurs sensoriels vont procéder à la capture et au codage des informations pertinentes. Celles-ci seront alors sélectionnées, codées sous forme d'impulsions au système nerveux central,
- Stade d'identification : le signal est comparé aux informations dont le sujet dispose en mémoire, puis identifié (c'est-à-dire reconnu),
- Stade de détermination de la réponse : recherche en mémoire de la réponse, direction, amplitude),
- Stade de sélection du programme moteur : définition du mouvement à exécuter (vitesse, direction, amplitude),
Stade d'exécution et de contrôle de la réponse motrice : selon les informations fournies par le programme moteur.
Ce modèle sériel postule l'existence d'un canal unique de traitement, donc limité à traiter info par info. Lorsque la charge attentionnelle ou le volume d'informations deviennent trop importants le sujet n'est plus capable de faire face à ce qui lui est demandé.
- Le modèle en parallèle : Il représente un modèle alternatif au modèle sériel, le traitement en parallèle est fondé sur l'hypothèse que le traitement de l'information s'effectue grâce à l'interaction d'un nombre important d'éléments simples appelés unités, chacune de ces unités envoyant des signaux inhibiteurs ou excitateurs à d'autres unités. L'information circulerait ainsi en continu.
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