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C'est là qu'intervient la notion de filière énergétique, l'objet de cet exposé :
- Durant les 20 premières secondes, le corps va puiser son énergie dans le stock d'ATP. Mais il doit en même temps renouveler ses réserves. Dans cette première phase, il va devoir utiliser la créatine phosphate présente dans les réserves cellulaires (dégradation). On appelle ce processus " anaérobie alactique ". Ce nom, il le doit au fait que ce processus n'utilise pas l'oxygène présent dans le sang et les poumons (anaérobie) et qu'il ne produit pas d'acide lactique (alactique)
C'est donc un processus qui permet d'aller à une intensité maximum mais sur une très courte période.
- Après 20 secondes environ, le stock de créatine phosphate s'épuise. Il va donc devoir utiliser d'autres éléments disponibles pour renouveler l'énergie qui lui fait défaut : le glycogène présent dans le muscle. Néanmoins, cela ne produit pas autant d'énergie qu'il faudrait pour tenir à son rythme, et donc l'athlète va commencer à ralentir légèrement.
Cette opération n'est pas innocente. Elle va produire des déchets : l'acide lactique, qui ne pourra pas être totalement brûlé, par manque d'oxygène (le système ventilatoire n'ayant toujours pas eu le temps de se mettre en route). L'accumulation de ces déchets empêchera le bon fonctionnement du muscle, au bout de 2 à 3 mn d'effort. C'est le système " anaérobie lactique " qui permet donc un effort d'intensité forte sur une durée courte (jusqu'à 3 mn).
- Au-delà de 3 mn, le processus aérobie se met en route. L'oxygène arrive enfin aux muscles et va permettre de fabriquer de l'énergie en dégradant des glucides puis des lipides par oxydation. Cette dégradation entraîne la production d'eau (sueur éliminée) et de gaz carbonique (respiration) et permettra d'éliminer une partie de l'acide lactique stockée dans les muscles (réutilisation partielle pour fabrication de l'ATP, meilleure élimination). Néanmoins, ce processus ne permettra pas à l'athlète de prolonger son effort au même niveau d'intensité. Il ralentira encore pour atteindre son effort maximum dans cette filière et le prolonger le plus longtemps possible. Ce rendement ou seuil est appelé VO2max.
L'exercice sera d'intensité modérée car moins d'ATP disponibles en même temps mais sur une durée qui peut être très longue (suivant l'entraînement).
La connaissance de ce domaine va permettre de mieux orienter nos séances d'entraînement. Quelques exemples :
- Un travail sur la vitesse, ou sur les variations de vitesse, doit privilégier la filière anaérobie alactique (temps court entre 7-20 secondes). C'est un travail répétitif et d'intensité maximum (100% d'intensité). Les périodes de travail doivent être entrecoupées de périodes de repos qui vont permettre aux réserves d'ATP de se reconstituer. L'erreur consiste souvent à laisser l'acide lactique s'installer, en dépassant le temps de travail ou en ne respectant pas le temps de récupération de l'athlète, et ainsi travailler non pas en vitesse mais en résistance.
- Si l'on veut que son boxeur s'habitue sur des temps proches de travail sur le ring (2mn par exemple), on va privilégier l'accumulation d'acide lactique via la filière anaérobie, et lui demander de produire un effort de 80-90% de son intensité maximum. L'entraînement dans cette filière va permettre aussi au corps de stocker de plus en plus de créatine phosphate et prolonger ainsi le travail à cette intensité.
- Enfin, si on veut travailler l'endurance sur le ring, et la capacité en particulier, on lui demandera un effort prolongé sur 3 mn, mais d'intensité faible, c'est à dire 60%.
Voilà. Si vous avez quelques remarques, n'hésitez pas à me les communiquer.
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